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Aya Thiam Diallo est Ambassadeur et Représentante permanente du Mali auprès des Nations unies à Genève, ainsi que Coordinatrice du Coton-4 à l’OMC.  

Vous avez déposé un projet de décision ministérielle. Qu’est ce qui a guidé votre réflexion dans sa rédaction ? Votre stratégie diffère-t-elle de celle adoptée à Bali ? Comment envisagez-vous le processus de négociation jusqu’à Nairobi ?
[Aya Thiam Diallo] Dans leurs efforts permanents de recherche d’une solution juste et équitable pour tous à la question emblématique du coton à l’OMC, les quatre pays co-auteurs de l’initiative sectorielle en faveur du coton africain (C-4) saisissent toutes les opportunités pour faire avancer les négociations. La proposition faite par le C-4 avec le projet de décision soumis à la 10ème Conférence ministérielle se situe dans ce cadre.

Même si le contexte est différent par rapport à Bali, le C-4 garde la même stratégie pour Nairobi, avec évidemment de nouvelles propositions sur la table de négociation. Le groupe souhaite poursuivre les négociations avec tous les partenaires et protagonistes de la question du coton sur la proposition faite par le C-4, dans l’espoir de parvenir à un accord acceptable sur les trois piliers de l’agriculture.

Ce texte a-t-il déjà été discuté dans le cadre des négociations sur l’agriculture ? Qu’est-il ressorti de ces discussions ?
[ATD] Le texte a été partagé avec toutes les parties concernées. Des échanges, voire des négociations, sont en cours pour enrichir le projet dans l’espoir d’arriver à un texte consensuel avant Nairobi.

Alors que tout le monde parle d’ambitions revues à la baisse, qu’espérez-vous obtenir ?
[ATD] Lors de la réunion des ministres du commerce africains du 20 juillet dernier, un appel a effectivement été lancé pour revoir à la baisse les ambitions affichées, notamment pour l’agriculture, afin de lever le blocage des négociations commerciales à l’OMC. En ce qui concerne le coton, souvenons-nous de la Décision ministérielle de Hong Kong 2005 appelant à un traitement « ambitieux, spécifique et rapide ». Le C-4 s’inscrit toujours dans ce registre et s’investit pour parvenir à une solution ambitieuse, spécifique et rapide.

Selon une récente étude, la loi agricole des États-Unis de 2014 pourrait être la source d’importants préjudices pour les cotonculteurs du reste du monde. Comment le C-4 envisage-t-il d’œuvrer pour un système commercial et des politiques nationales pouvant faire du coton un secteur plus équitable, efficient et durable? 
[ATD] Le C-4 reste persuadé que la négociation doit être privilégiée, d’une part, pour améliorer l’accès aux marchés et pour réduire substantiellement les causes de distorsion sur le marché international. Il négocie également, d’autre part, pour aider les producteurs africains de coton à améliorer considérablement la production et la productivité du coton africain, et ainsi gagner davantage en compétitivité.

L’étude susmentionnée considère que les résultats qu’elle présente permettraient à des pays affectés par la politique cotonnière des États-Unis d’initier une action en règlement des différends. Le C-4 envisage-t-il cette voie si aucun progrès significatif n’est fait à Nairobi ?
[ATD] Tout en privilégiant les négociations pour parvenir à une solution juste, équitable et durable à la question du coton africain, conformément à l’esprit de la Décision ministérielle de Hong Kong de 2005, le C-4 n’exclut aucune voie susceptible d’y parvenir.

 

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