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La Chine semble renoncer à la pratique de constitution de stocks de coton, marquant ainsi, selon certains analystes, un changement radical de politique. Deux autres acteurs majeurs du marché mondial du coton  - les Etats-Unis et le Brésil – sont également engagés dans un conflit distinct sur le sujet, à un moment où le processus d’adoption d’une nouvelle Farm Bill continue de traîner en longueur à Washington.  

Le programme de constitution de réserves était notamment absent du document de politique récemment diffusé, exposant les priorités agricoles de la Chine pour cette année. En revanche, un nouveau programme détaillant  des prix cibles fournira des subventions par région afin de faciliter les changements pour les agriculteurs.

Toute modification de la politique cotonnière chinoise devrait avoir des ramifications internationales sur le commerce, la production et les prix, en raison du statut du géant asiatique comme premier producteur, consommateur, importateur et détenteur de ces réserves.

On s’attend à une baisse des prix du coton, quoiqu’il arrive, ont déclaré des experts agricoles. Les acquisitions pour les réserves du pays, estimées à la moitié des stocks mondiaux, ont soutenu les prix au cours des dernières années.

Alors qu’elle est actuellement importateur net de la fibre, en écoulant ses stocks, la Chine n’aurait plus à importer du coton. Elle pourrait même devenir exportateur net si la production intérieure dépasse la consommation, à moins de changements par ailleurs.    

Cette dernière éventualité serait le « pire scénario », disent les experts, en particulier si les réserves existantes font l’objet d’un dumping sur les marchés internationaux.  Les agriculteurs américains, premiers exportateurs de coton vers la Chine au cours des dernières années, seraient susceptibles de figurer au nombre de ceux qui en subissent les conséquences. D’autres, tels que les producteurs pauvres d’Afrique de l’Ouest, devraient également veiller à ne pas écouler leurs réserves en même temps que la Chine, de crainte de tirer les prix davantage à la baisse.

Les stocks nationaux d’autres pays sont faibles par rapport aux 12,6 millions de tonnes de la Chine. L’Inde et le Brésil, en seconde et troisième positions, détiennent 1,9 million et 803.000 tonnes respectivement. Pékin devrait réduire ses stocks à 10,5 millions de tonnes d’ici la fin de la saison.

Nouveaux prix cibles

La politique agricole chinoise relève d’un calcul politique complexe, du fait que le pays compte près de 700 millions d’agriculteurs. Avec une concentration de la majeure partie des achats dans la région de Xinjiang, au cours des dernières années, le gouvernement a décidé de piloter un programme de prix cibles qui remplacerait la politique de constitution de stocks.

Le régime de prix cibles projeté garantirait un revenu aux agriculteurs, mais les détails restaient imprécis. Le programme serait initialement limité à Xinjiang ; les producteurs des autres régions auraient à prendre des décisions de plantation sur la base de la compétitivité d’autres cultures et du marché mondial du coton.

Il devrait également y avoir une réduction des stocks de soja. Cependant, les préoccupations de sécurité alimentaire pourraient mener à une réaction différente du gouvernement dans la gestion des changements de politique.

Etats-Unis et Brésil

Les producteurs de coton américains et brésiliens ont également fait part à Bridges de leurs préoccupations concernant la nouvelle politique chinoise. Les deux pays sont depuis longtemps en conflit à propos du coton, leur dernière bataille se concentrant sur les efforts déployés actuellement à Washington pour résoudre leur différend à l’OMC. 

Les membres de l’association brésilienne de producteurs de coton, ABRAPA, se sont rendus à Washington au début du mois, pour faire part aux législateurs américains de leur mécontentement concernant la teneur et la lenteur de la réforme, alors que le processus d’adoption d’une nouvelle Farm Bill traîne depuis trois ans.

Aux termes d’un « accord-cadre » signé par les deux pays, qui a effectivement mis en suspens des mesures de rétorsion édictées par l’OMC, le Brésil doit recevoir des Etats-Unis  147 millions de dollars US par an. Les paiements doivent être transférés mensuellement en attendant l’adoption, par le Congrès américain, d’une nouvelle Farm Bill  qui satisfasse les deux pays. Près de 500 millions de dollars US ont été transférés à ce jour. 

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, un responsable de l’ABRAPA a déclaré que le Brésil n’avait pas reçu de tels paiements depuis septembre dernier. Le responsable a averti que la suspension des paiements enfreignait les termes de leur contrat et pourrait mener le Brésil à prendre des mesures commerciales de rétorsion. 

Le Conseil brésilien du commerce extérieur, CAMEX, a déjà préparé une liste de marchandises américaines qui pourraient faire l’objet de telles contre-mesures, s’il est estimé que Washington ne respecte pas l’accord-cadre. 

Les observateurs de la Farm Bill espèrent un nouveau projet de loi dans les prochaines semaines. Les propositions en vue de cette législation comprennent un nouveau programme d’assurance pour le coton, connu sous le nom de STAX – Stacking Income Protection Programme. 

Le Conseil américain du coton a répondu de manière cinglante aux questions soulevées par les membres d’ABRAPA, en insistant sur le fait qu’il était temps pour l’industrie brésilienne de reconnaître que le nouveau programme d’assurance « est une réforme substantielle. »

Compte-rendu de l’ICTSD     

 

 

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