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La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) exhortent les Membres du G-20 à se pencher sur la sécurité alimentaire s’ils veulent réussir à stimuler la croissance et à créer des emplois.

Dans un rapport conjoint, ces agences  soutiennent que l’amélioration de la sécurité alimentaire est cruciale pour l’agenda de croissance du G-20 sous la présidence de l’Australie en 2014, qui cherche à consolider la reprise économique dans le sillage de la récession globale de 2008. 
Cependant, les politiques de croissance économique doivent également être inclusives pour s’attaquer à la faim et à la malnutrition de manière efficace, peut-on lire dans le projet de document. « C’est par l’intermédiaire de ces liens de croissance que le G-20 peut réaliser la sécurité alimentaire, » a déclaré une source qui a pris connaissance du document.

Pauvreté et inégalités
Le G-20 est tenu de prendre des « mesures concrètes qui s’attaquent à la cause sous-jacente de la sécurité alimentaire : la pauvreté, » peut-on lire dans le projet de texte.

La forte croissance enregistrée dans de nombreux pays en développement ne s’est pas toujours traduite par la réduction de la pauvreté et par une amélioration de la sécurité alimentaire, notent les agences.

En particulier, la distribution inégale de biens - tels que la terre, l’eau,  le capital, l’éducation et la santé – a souvent empêché les populations pauvres de tirer profit de la croissance économique et a freiné les progrès dans la lutte contre la malnutrition.

« Près de 50 pourcent des personnes sous-alimentées du monde sont dans les pays du G-20, »  a expliqué une source qui a eu connaissance du projet de rapport. Une croissance plus inclusive pourrait donc être un pas significatif vers l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale.

Investissement rural nécessaire
Les auteurs citent également des éléments qui suggèrent que l’amélioration de la croissance agricole dans les pays à faible revenu est trois fois plus efficace pour réduire la pauvreté extrême – celle des personnes vivant avec moins d’un dollar par jour – que les hausses de croissance dans d’autres secteurs. 

Le document présente également la recherche menée par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), qui a étudié des options qui permettraient à tous les pays et régions d’atteindre d’ici 2020 la croissance supplémentaire du PIB de l’ordre de 2 pourcent ciblée par le G-20. Les dirigeants du G-20 doivent publier en novembre leurs plans nationaux visant à réaliser cet objectif pour leurs propres membres dans un délai de cinq ans.

L’IFPRI a constaté que l’investissement dans l’infrastructure rurale aurait le plus grand impact sur la valeur ajoutée rurale et sur les rémunérations rurales, en particulier en Afrique, selon le document.

Certains craignent toutefois que les discussions du G-20 sur l’investissement et l’infrastructure n’aient jusqu’ici largement ignoré les questions de sécurité alimentaire – et pourraient donc ne pas pleinement capitaliser sur le potentiel de croissance dans le monde rural.

« Ils ne prennent pas en considération les zones rurales, » a noté une source. « La sécurité alimentaire n’a pas été prise en considération. »

La lutte contre les inégalités doit être  complémentaire de la libéralisation des échanges
« L’adoption de politiques agricoles, commerciales et de développement plus cohérentes pourrait garantir des gains importants pour les populations pauvres et vulnérables du monde, » ont précisé les deux agences.

Cependant, si des politiques alimentaires, agricoles et commerciales plus ouvertes peuvent renforcer la croissance, l’emploi et la sécurité alimentaire,  doivent également être associés à des mesures complémentaires, selon le projet de texte.

Les pays doivent investir dans l’approvisionnement en denrées alimentaires et de produits agricoles, soutiennent les agences, par exemple en rehaussant les niveaux de productivité. Toutefois, ils sont également tenus de mettre en place des « filets de sécurité sociale » pour aider les producteurs qui ne peuvent répondre de manière efficace aux nouvelles opportunités de marché.

En Afrique, les coûts du transport comptent pour 50 pourcent  à 60 pourcent des coûts totaux de commercialisation, note le rapport. « Les interdictions d’exportations, les permis et licences inutiles, les exigences coûteuses en matière de documents peuvent tous rehausser également les coûts de transaction, » soutiennent  les agences.

Initiatives concrètes
Les membres du G-20 doivent se concentrer sur des initiatives concrètes qui garantiront des résultats, ont fait valoir les agences.

Le projet de texte souligne les progrès dans l’amélioration de la transparence du marché comme exemple de ce que le G-20 peut réaliser. Le Système d’information sur les marchés agricoles, ou AMIS, fait l’objet d’éloges particuliers. 

En 2012, au moment où les prix mondiaux du maïs avaient flambé suite  à une grave sécheresse aux Etats-Unis, AMIS a aidé à prévenir l’introduction de politiques « qui auraient ajouté à la nervosité du marché, » rappellent les agences

Le projet de texte salue également un accord du G-20 signé il y a trois ans qui vise à exempter les achats d’aide alimentaire humanitaire des restrictions d’exportation de produits agricoles lorsque les flambées de prix des produits alimentaires menacent la capacité des agences des Nations-Unies à répondre aux urgences. “Les pays du G-20 pourraient jouer un rôle de leaders” sur cette question, a déclaré une source ayant eu connaissance du projet de texte.

Saper la crédibilité
Les agences avertissent  toutefois que l’absence de suivi des décisions du G-20 dans les enceintes pertinentes « sape à long terme la crédibilité du G-20»
Le projet de texte note que l’accord du G-20 sur l’exemption de restrictions à l’exportation  pour

l’aide alimentaire humanitaire n’a pas été finalement adopté à l’OMC, en dépit des pressions allant dans ce sens lors de la Conférence ministérielle de 2011.

Durant la conférence, certains pays en développement tels que l’Inde avaient émis des réserves quant à l’adoption de l’engagement du G-20 à l’OMC. Le projet de texte suggère que « des efforts politiques concertés » pour soutenir des initiatives telles  que l’accord sur l’aide alimentaire sont susceptibles d’être plus efficaces que des « expressions générales de soutien » au Cycle de Doha de l’OMC.

Doha : « objectif louable »
Une autre source qui a pris connaissance du projet de texte a toutefois déclaré que la conclusion des négociations du Cycle de Doha pourrait toujours jouer un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire. Les Membres de l’OMC sont en train d’élaborer un « programme de travail » destiné à conclure les discussions commerciales multilatérales, à présent dans leur treizième année.

« Ce n’est pas par ce qu’une tâche est difficile qu’il ne faudrait pas s’y atteler, » a observé la source.

Le projet de texte des agences reconnaît que la conclusion de Doha est un « objectif louable » mais exhorte les membres du G-20 à concentrer leurs efforts sur des mesures qui permettront au groupe « d’apporter de la valeur ajoutée en fonction de son avantage comparatif. »
Il met en garde contre le chevauchement des tâches dans des domaines couverts par d’autres organisations, - y compris l’OMC.

La Banque asiatique de développement, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), l’Organisation internationale du travail (OIT), l’IFPRI et l’OMC sont répertoriés comme ayant apporté des contributions au document. En 2011, jusqu’à dix agences internationales ont collaboré à un rapport similaire.

Le chemin depuis Hobart
Le projet de texte est à présent susceptible d’être à nouveau révisé à la suite de discussions entre responsables gouvernementaux  au sein du Groupe de travail sur le développement, à Hobart.

Des sources informées du processus ont déclaré que tout dépend de la mesure dans laquelle le G-20 décide de prendre en considération la sécurité alimentaire de manière intégrée dans l’agenda plus large du groupe, ou de laisser au Groupe de travail pour le développement le soin de discuter de la question.

« La chose la plus importante serait d’intégrer la sécurité alimentaire dans les trois piliers, » a déclaré une source 

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