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Des réformes structurelles seront essentielles pour soutenir la reprise économique mondiale, en particulier au vu des risques de baisse accrus, ont déclaré les responsables des finances et des banques centrales à la l’issue des Réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, le weekend dernier.

Les responsables ont également examiné les besoins économiques des pays d’Afrique de l’Ouest durement touchés par la crise Ebola tout en prenant acte les appels du Directeur général de l’OMC en vue d’un appui à la mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges et à long terme, d’un agenda du commerce ambitieux, dans le but de stimuler la croissance mondiale.

« Soixante-dix ans après Bretton Woods, la communauté internationale se trouve à une autre croisée des chemins, a déclaré la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en ouvrant les réunions du 10 au 12 octobre.

« Les modes de coopération éprouvés semblent s’effriter sur les bords. La viabilité du moteur économique mondial lui-même est de plus en plus remise en cause, » a-t-elle poursuivi. 

La Directrice générale du FMI a indiqué que les décideurs devaient être prêts à agir collectivement, car leurs choix détermineront si l’économie mondiale s’accélère ou stagne, se stabilise ou continue d’être fragile ;  et  opter pour la solidarité au lieu d’adopter des politiques d’isolement.

« Nous risquons de nous retrouver coincés dans une ‘nouvelle période médiocre’ de faible croissance et de  création d’emploi dérisoire, » a-t-elle averti, en appelant à un « nouvel élan » dans le monde de la politique. 

Les discussions au cours des trois jours de cette manifestation, tenue simultanément avec les Réunions annuelles du Groupe de la Banque mondiale, se sont concentrées en particulier sur les difficultés provoquées par une reprise inégale et une faiblesse inattendue, à la suite de projections sombres.

Le Fonds avait averti, la semaine précédente, dans son rapport sur les Perspectives économiques mondiales – publié préalablement aux réunions – que la croissance économique mondiale cette année sera plus faible qu’antérieurement prévue, atteignant 3,3 pourcent seulement au lieu de 3.6 pourcent.


Réformes structurelles
Parmi les diverses recommandations énoncées dans le communiqué final du Comité monétaire et financier international (CMFI) figurait un appel à « des mesures audacieuses et ambitieuses » visant à accroître la demande tout en éliminant les contraintes résultant de l’offre.

Pour ce faire, indique le CMFI, il faudrait à la fois des politiques macroéconomiques accommodantes et des « réformes structurelles cruciales », le comité de pilotage de la politique mettant l’accent sur la nécessité d’accroître  la demande et l’offre d’emploi, de réduire les niveaux de chômage des jeunes et d’améliorer le climat des affaires afin d’attirer l’investissement privé.

Pour garantir une forte croissance, a ajouté le Comité, il faudra également un surcroît d’investissements dans les infrastructures publiques et privées.

Le CMFI comprend 24 membres choisis parmi les 187 gouverneurs de l’Organisation, en particulier les ministres des finances et les gouverneurs de banque centrale des pays membres.

  « Dans l’ensemble, nous n’avons parcouru que la moitié de ce chemin pour sortir de la crise, » a déclaré Tharman Shammugaratnam, qui préside le Comité de pilotage de la politique du FMI. « Nous sommes confrontés dans le même temps à de nouveaux risques financiers, » a-t-il ajouté, tout en notant qu’il y a « des moyens d’éviter ce risque de période prolongée de faible croissance. » 

« Nous savons ce qu’il faut faire et nous devons le faire, » a ajouté le ministre des finances de Singapour. « Il faudra, pour cela, du courage politique. Mais surtout, il faudra changer le discours politique. »

Accent sur la crise d’Ebola
L’aggravation rapide de la crise d’Ebola et ses effets sur les flux commerciaux et les perspectives de croissance économique en Afrique de l’Ouest ont également joué un rôle clé au cours des trois jours de discussions au FMI et à la Banque mondiale.

Le Fonds a récemment approuvé une aide financière d’urgence d’un montant de 130 millions de dollars en faveur de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone – les trois pays les plus lourdement affectés par la maladie. Le Comité de développement conjoint FMI-Banque mondiale a également appelé à « des actions et à un soutien financier rapides et coordonnés » afin de limiter les impacts économiques de la crise, dans l’immédiat comme à long terme.

« Notre taux de croissance pour cette année était fixé à 11,3 pourcent, cela marchait bien et nos fondamentaux macroéconomiques étaient également solides, » a déclaré le Ministre sierra léonais des finances Kaifala Marah aux journalistes, à Washington, durant la réunion.

« Puis Ebola est apparu en mai et tout a basculé, » a-t-il déclaré, en notant que des exploitations agricoles clés telles que le cacao et le café dépérissaient car les agriculteurs avaient abandonné leurs champs. La production manufacturière et les mines ont également pris un coup, a-t-il indiqué.

L’isolement résultant de la baisse du trafic aérien – en particulier après que certaines compagnies aériennes ont cessé leurs vols vers la région – équivaut à un « embargo économique » a-t-il déclaré. 

La crise a déjà sérieusement entravé la croissance et les perspectives commerciales de la région et des agences des Nations-Unies telles que l’Organisation de l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont averti que la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest pouvait également être exposée à des risques accrus.

Certains responsables financiers ont également noté que les dommages économiques causés par l’épidémie avaient des répercussions dans d’autres parties de l’Afrique telles que le Kenya.  


Azevêdo met en garde contre la « complaisance » en matière de commerce
Le Directeur général de l’OMC, Roberte Azevêdo, également présent lors des réunions de Washington, a exhorté les responsables financiers à apporter leur plein soutien en vue d’une percée dans les discussions commerciales difficiles en cours à Genève.

En particulier, l’incorporation prévue de l’accord sur  la facilitation des échanges, récemment signé, dans le cadre juridique de l’Organisation a été mise en veilleuse en juillet, l’Inde insistant pour que l’adoption du « Protocole d’amendement » requis soit liée à la recherche d’une solution permanente sur la détention de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire.

Cette revendication – et les conséquences qui en résultent entre membres de l’OMC – a freiné des efforts plus larges visant l’élaboration d’un « programme de travail » pour conclure les discussions commerciales du Cycle de Doha.

Ce programme de travail devait être achevé d’ici la fin de cette année. Cependant, les négociations sur le sujet ont marqué un coup d’arrêt, car de nombreux membres sont peu disposés à faire avancer ces discussions jusqu’à ce  qu’une solution ne soit trouvée pour sortir de l’impasse actuelle.

Pendant ce temps, le système commercial mondial continue d’opérer selon des règles convenues au milieu des années 90, une situation dont beaucoup disent qu’elle pourrait avoir des perspectives désastreuses pour la croissance mondiale.

« Nous vivons trop sur la libéralisation des échanges passée, » a déclaré Azevêdo à Washington. « Nous ne pouvons nous permettre de céder à la complaisance, » a-t-il ajouté, en notant qu’une nouvelle libéralisation des échanges était une façon de  répondre aux faibles projections de croissance prévues dans le rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale.

Un système mondial de règles actualisées est impératif dans cette démarche, a-t-il déclaré, et une étape essentielle est la mise en œuvre des décisions prises durant la Conférence ministérielle de l’OMC de l’année passée, à Bali, en Indonésie, notamment l’Accord sur la facilitation des échanges. 

Il a toutefois averti que « si aucune solution n’est trouvée, les membres doivent alors se poser quelques questions ardues – comment ils perçoivent l’avenir du paquet de Bali et l’agenda après-Bali. Et ce que cela signifie pour la fonction de négociation de l’OMC. »

Les efforts déployés en coulisses pour sortir du blocage à Genève se sont accrus au cours des dernières semaines, selon des sources. Un récent article du Financial Times indiquait que quelques acteurs majeurs envisagent des solutions de rechange possibles pour le principe de consensus de l’OMC telles que l’adoption d’un Accord de facilitation des échanges sur une « base plurilatérale ». D’autres ont confirmé que ceci était à l’examen dans certains milieux.

Il y avait déjà eu des rumeurs sur une telle éventualité en juillet dernier, alors que l’Inde venait juste de soumettre sa demande pour la première fois. Cependant, de nombreux responsables ont fait savoir en privé que ceci serait une option de second choix au vu des incidences à long terme potentielles pour la fonction de négociation de l’OMC.

Dans les prochains jours, les membres de l’OMC tiendront une série de réunions clés – notamment un Comité des négociations commerciales informel prévu ce jour et une réunion du Conseil général mardi prochain – qui pourraient permettre de savoir si une solution est même possible.

S’adressant à la presse canadienne avant son arrivée à Washington, Azevêdo a noté que les discussions n’ont jusqu’ici montré aucun signe de percée potentielle. »  Un [accord] serait un rêve devenu réalité, mais à l’heure actuelle, cela ne semble guère être beaucoup plus qu’un rêve, » a-t-il déclaré au journal The Globe and Mail.    

Rapport ICTSD

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