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Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 se sont mis d’accord, dimanche 16 novembre à Brisbane, en Australie,  sur des mesures destinées à stimuler la croissance économique mondiale. Ils sont également convenus d’une action résolue sur le climat, précisant dans leur communiqué final qu’ils soutenaient notamment le fonds vert de l’ONU, destiné à aider les pays en développement à s'adapter aux effets du réchauffement climatique. D’autres sujets ont également retenu l’attention des participants notamment la lutte contre l’épidémie Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest et la crise Ukrainienne qui a ravivé les  tensions entre l’Occident et la Russie ces derniers mois.

Ce sujet a dominé les débats samedi à l’ouverture des travaux du sommet du G20. "J'imagine que je vais vous serrer la main, mais je n'ai qu'une seule chose à vous dire : vous devez sortir d'Ukraine" a lancé le Premier ministre canadien Stephen Harper à Vladimir Poutine. Le président américain Barack Obama a pour sa part qualifié « d'invasion » le comportement des troupes russes en Ukraine, tandis que David Cameron mettait en garde le régime de Moscou. "S'il continue à déstabiliser [son voisin], il y aura d'autres sanctions, d'autres mesures" a averti le Premier ministre britannique, estimant que "le président Poutine est conscient qu'il se trouve à un carrefour". Poutine a, quant à lui décidé de quitter le sommet plus tôt que prévu.

Après le premier jour marqué par les menaces envers Moscou, les discussions du dimanche ont mis l’accent sur la question de la relance de l’activité économique. Ceci au regard du ralentissement de la croissance mondiale noté ces derniers mois poussant ainsi le FMI à revoir à la baisse ses prévisions en octobre dernier. 

Face à cette situation, les dirigeants du G20 se sont accordés sur la nécessité de prendre des mesures pour stimuler la croissance mondiale. «Quand vous observez le monde, il y a plein de difficultés (...), mais le message que nous devrions donner au cours de ces deux jours est un message d’espoir et d’optimisme: oui notre monde peut avoir de la croissance», a déclaré  le premier ministre Australien M. Tony  Abbott samedi. Barack Obama a  insisté sur l’importance de doper l’activité économique tout en soulignant que les Etats-Unis ne peuvent pas à eux seuls porter l’économie mondiale sur leur dos. «Ici donc, à Brisbane, le G20 a la responsabilité d’agir, de stimuler la demande, d’investir davantage dans les infrastructures et de créer des emplois pour les gens de tous nos pays» a-t-il poursuivi.

Le renforcement de la croissance mondiale

Le renforcement de la croissance mondiale était l’un des  sujets phare de ce sommet. La croissance économique mondiale a été plus faible que prévu au premier semestre 2014 alors que les risques de détérioration ont augmenté. Fort de ce constat,  le FMI dans son rapport d’automne sur les Perspectives économiques mondiales, rendu public mardi 7 octobre, a noté que l’accélération attendue de la croissance  en 2014 et 2015 pourrait de nouveau ne pas se matérialiser ou être inférieure aux prévisions. Le FMI  avait  ainsi revu à la baisse ses prévisions de croissance économiques tablant  3,3 pourcent  en 2014 et de 3,8 pourcent en 2015 au lieu de  3,7 pourcent en 2014, et 3,9 pourcent comme fixé en janvier dernier.

Dans ce contexte marqué par un ralentissement de la croissance mondiale,les Pays du G20 qui représentent 85 pourcent de la richesse mondiale, se sont mis d'accord pour un ensemble de mesures censées doper de 2,1 points la croissance mondiale par rapport à sa trajectoire prévue d'ici à 2018. « Le G20 a changé de vitesse. Il a défini un agenda de croissance (...). Les économies du monde vont aller mieux. Notre message est qu’il y a un espoir, dés lors qu’il existe un plan d’action et qu’il a été approuvé », s’est félicité le premier ministre australien Tony Abbott.

Ces mesures visent notamment à favoriser l'investissement et les infrastructures et accroitre les échanges commerciaux et la concurrence. "Cela injectera plus de 2.000 milliards de dollars US dans l'économie mondiale et créera des millions d'emplois" assure la déclaration finale adoptée à Brisbane. "C'est beau d'avoir cet engagement de 2,1 pourcent, mais reste encore à le concrétiser" a tempéré Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

Le Président sénégalais  Macky Sall, en sa qualité de Président de Comité d’orientation du NEPAD a insisté samedi au cours d’une session dédiée au commerce sur la nécessité du développement des infrastructures en Afrique. A cet égard, il a plaidé en faveur du financement des infrastructures pour le développement de l’Afrique.

Accord sur le climat

Le sujet n'était pas au programme de ce sommet du G20,  l’Australie  pays hôte qui ne fait pas de la lutte contre le changement climatique une de ses priorités alors qu’il est un des plus gros émetteurs de CO2  par habitant au monde, aurait préféré que la question ne soit pas abordée. Mais les USA et la chine qui ont récemment pris des engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont décidé autrement en inscrivant le sujet  au cœur des débats.

«Si la Chine et les Etats-Unis peuvent se mettre d’accord pour réduire leurs émissions de CO2  alors le monde peut trouver un accord», a déclaré Obama lors des discussions sur ce sujet à l’occasion de ce sommet. Après des négociations tenues dans la journée du dimanche sur cette question,  un accord inattendu a été trouvé sur le réchauffement climatique. En effet dans une déclaration finale les participants se sont engagés à prendre des mesures pratiques dans l'optique de parvenir à un accord global lors de la conférence sur le climat qui aura lieu en décembre 2015 à Paris et ont réitéré leur engagement à contribuer au Fonds vert pour le climat, un mécanisme mis en place par l'ONU pour aider les pays en développement à financer des projets de lutte contre le réchauffement

A quelques semaines de la conférence annuelle de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques prévue du 1er au 12 décembre 2014 à Lima (Pérou), où doivent se poursuivre  les discussions internationales sur le climat, ces engagements pris par les dirigeants du G20 et l’accord sur le climat  signé le  12 novembre en marge du forum de Coopération économique de l’Asie et du Pacifique tenu à Pékin entre les USA et la Chine ( deux premiers pollueurs de la planète  avec prés de 40  pourcent des émissions mondiales de gaz à effet de serre) constituent selon plusieurs experts une avancée décisive pour permettre aux négociations climatiques d’aboutir en 2015 à Paris.

Selon l’agenda adopté par les 195 pays qui participent à la négociation, chaque Etat devrait  publier sa contribution au futur accord d’ici la fin du premier semestre 2015. Les deux principaux  sujets  de négociation (réduction de gaz à effet de serre et  le soutien financier que se sont engagés à apporter les pays industrialisés aux pays en développement pour financer leur politique de transition énergétique et les aider à s’adapter aux conséquences du réchauffement.) feront sans doute  l’objet d’âpres discussions à Lima.

La première réunion de capitalisation du Fonds vert pour le climat aura lieu le 20 novembre à Berlin : un objectif de 10 milliards de dollars a été fixé. Pour l’instant, seuls 3 milliards environ ont été réunis. C’est l’autre signal qu’attendent les pays pauvres pour juger de la sincérité des discours des grands pays pollueurs.

La lutte contre l’épidémie Ebola

L’épidémie Ebola qui sévit en Afrique de l’ouest a aussi retenu l’attention  des dirigeants des pays les plus riches de la planète qui ont manifesté leur solidarité à l’égard des pays touchés par cette maladie en promettant  de faire tout leur possible pour éradiquer l'épidémie et  couvrir ses conséquences économiques et humanitaires à moyen terme», selon un communiqué publié au premier jour du sommet. «Nous allons travailler à travers des coopérations bilatérales, régionales et multilatérales, et en collaboration avec des acteurs non gouvernementaux», poursuit le communiqué du G20 qui ne révèle aucun engagement financier tangible à l'occasion de ce sommet.

Les chefs d'État et de gouvernement ont par ailleurs appelé la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) à "continuer leur solide soutien aux pays affectés". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a pour sa part insisté sur «la nécessité d'intensifier la réponse internationale».

Le Togo, qui coordonne la lutte contre Ebola en Afrique de l'Ouest, a lui aussi exhorté la communauté internationale à «ne pas relâcher l'effort». Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ; l'épidémie a fait 5.177 morts sur 14. 413 cas dans huit pays, les plus touchés étant la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone

Réagissant au communiqué du G20, certaines ONG se sont déclarées sceptiques, voire «très déçues».  Oxfam a estimé qu’il y a «un vrai risque que la bonne volonté du G20 et ses préoccupations ne débouchent sur pas grand-chose de concret  pour ceux dont la vie est menacée, en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée».

 

Sources

G20 : une première journée assombrie par les tensions avec la Russie 

lemonde.fr 15.11.2014 

Accord décisif sur le climat entre la Chine et les Etats-Unis 

LE MONDE | 12.11.2014

Sommet du G20 – Conclusions de la participation du Président Macky Sall

 

 

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