ENDACACID

I. Contexte et Justification.     

En janvier 2014 à Dakar, après plus d’une dizaine d’années de négociations infructueuses, l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne parviennent à  un compromis technique. Ce compromis obtenu suite à la levée des divergences sur d’importants sujets comme l’offre d’accès au marché, la clause de la Nation la Plus Favorisée (NPF), le programme de l’APE pour le développement (PAPED), entre autres, ouvre la voie pour la signature, la ratification et la mise en œuvre de l'APE.    

Ce compromis ne fait pas cependant l'unanimité en Afrique de l'Ouest. Le Nigeria a exprimé ses vives préoccupations quant aux impacts potentiels de l'ouverture commerciale dont la portée et le rythme ont été jugés insoutenables pour la région et pour certains pays. En effet, le compromis porte sur une ouverture de 75% du commerce sur un délai de 20 ans. Le Nigeria a estimé en particulier que la structure de l'offre d'accès au marché pourrait mettre en péril son économie, classée récemment première économie du continent africain. Ses arguments se fondent sur les résultats d’une étude en modèle d’équilibre général calculable, effectuée par ses experts. Cette étude révèle que l’ouverture commerciale pourrait se traduire par une dégradation de certains indicateurs économiques, notamment la croissance, l’investissement, l’emploi et les recettes du gouvernement.

La position du Nigeria recoupe très largement celle de nombreux acteurs de l'Afrique de l'Ouest dont la société civile et une partie importante du secteur privé.

La société civile par exemple ne remet pas en cause seulement la soutenabilité du  contenu technique de l'APE. Elle s'interroge aussi sur l'opportunité économique et stratégique de l'APE pour les PMA qui représentent 3/4 des Etats de la région. A cela s'ajoute aussi,  selon la société civile, le fait que le Nigeria, qui représente près de 56% du PIB de l'Afrique de l'Ouest et plus de moitié de la population, pourrait souffrir des effets négatifs de l'Accord.

En mars 2014, à l'occasion de leur 44ème conférence ordinaire, les Chefs d'Etat de la CEDEAO demandent la mise sur pied d'un comité technique composé, outre la CEDEAO et l'UEMOA, du Nigéria, du Ghana, de la Cote d'Ivoire et du Sénégal, avec pour mission de clarifier et de répondre aux questions exprimées par le Nigeria. A la suite de cette décision, la Commission de la CEDEAO a effectué des analyses approfondies sur le contenu de l'accord, au moyen d'un modèle d'équilibre général calculable. D'autres analyses ont été effectuées par la Banque mondiale avec le  modèle "TRIST ". Comme les autres études, les résultats ont montré que la mise en œuvre de l'APE pourrait engendrer certains effets négatifs mais que, globalement, le financement du PAPED et la compensation des pertes fiscales nettes pourraient neutraliser ces effets..... (lire la suite) 

 

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