ENDACACID

 1.      Contexte et justification
L’extraction et le commerce des ressources minérales constituent la principale activité économique de nombreux États de l’Afrique, et y constituent le soubassement du développement économique et social. La hausse récente des prix des matières premières au niveau mondial et les flux d’investissements étrangers directs accrus vers les pays riches en ressources minérales ont relancé le débat sur la meilleure façon de positionner le secteur des ressources naturelles pour renforcer un développement reposant sur une large base. 

De toutes les régions africaines, l'Afrique de l'Ouest concentre les ressources les plus importantes et les plus diversifiées. Elle possède les plus grandes réserves mondiales de bauxite  à travers la Guinée. Grâce au Niger, elle fournit l’une des plus importantes réserves d’uranium de l’Afrique. En 2007, les réserves du Niger étaient évaluées à 243 mille tonnes, devant celles de la Namibie 176 mille tonnes. L’Afrique de l’Ouest génère plus de 27%  de la production africaine de minerai de fer et les gisements de fer les plus riches en teneur (plus de 65%) sont en Guinée et au Libéria. De nombreux pays sont producteurs d’or de très haute teneur (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, etc.). L’exploitation de l’or a représenté au Mali 15% du PIB et 70% des recettes d’exportation en 2006 et le Burkina-Faso a exporté pour 180 milliards de francs Cfa d’or en 2009, ce qui fait passer ce secteur devant le Coton qui a représenté 120 milliards de FCFA.  Plus de 34% du manganèse produit par l’Afrique vient de l’Afrique de l’Ouest. Concernant le pétrole, quatre pays disposent  d’importantes réserves  en cours d’exploitation : le Nigeria environ 2 250 000 barils par jour, le Ghana 120 000 barils par jour, la Côte-d’Ivoire 50 000 barils par jour, le Niger 20 000 barils par jour. Ce produit constitue le premier poste des transactions commerciales de la région. 

D’autres ressources comme le diamant sont produits en Guinée, au  Liberia, en Sierra Leone, etc.) ; Le gaz naturel en Côte d’Ivoire, au Ghana, au  Niger et au Nigeria, etc. ; Le phosphate au Sénégal et au Togo, etc., ainsi que d’autres ressources importantes comme le charbon, le calcaire, le marbre, le platine, et le zircon, entre autres, dans différents pays. 

Cependant force est de reconnaitre que les pays africains ne tirent pas un profit adéquat de ces immenses  ressources naturelles. Pour la majorité des pays africains, la gouvernance du secteur minier est encore adossée à un  modèle d’exploitation extraverti dans lequel les grands groupes étrangers dominent en amont et en aval.

C’est fort de ce constat qu’en 2011, Enda CACID publiait une étude intitulée : « La Chine et l’Afrique, les faits et les chiffres : Évaluation des relations commerciales de l’investissement et de l’aide publique au développement ». Cette étude montrait la croissance des échanges commerciaux entre l’Afrique et les puissances émergentes :

  • En 2000, le commerce sino-africain était de 10,6 milliards de dollars, en 2010 il était estimé à 123,33 milliards ; 
  • Durant la même période le commerce avec l’Inde a augmenté de 5,43 milliards à 40,72 milliards ; 
  • Celui du Brésil est passé de 4,53 milliards à 21,53 milliards ;

Selon cette étude :

  • Les exportations africaines vers la Chine se composaient de 79% de produits pétroliers et 10% de métaux ;

L’étude montrait que les  IDE chinois en Afrique couvrant la période 1979-2000 étaient d’un montant de $681 millions pour un ensemble de 499 projets. Le principal secteur  destinataire de ces projets était l’industrie extractive avec 44 projets. Il est important de noter les retombées économiques et socio-environnementales de ces projets au bénéfice des populations locales des zones minières notamment :

  • Le recrutement de la main d’œuvre locale ;
  • L’appui aux populations ;
  • La création d’infrastructures (écoles, routes…);
  • L’appui à l’alimentation en eau et à la santé.

Mais face à ces avantages il y a aussi des inconvénients, ces groupes importent l’essentiel de leurs intrants et exportent la quasi-totalité de leurs produits sans les transformer ; une faible part des recettes tirées de ces transactions internationales  revient en général aux pays africains le plus souvent sous la forme de contributions fiscales ; il est reproché aux puissances émergentes Asiatiques, en particulier la Chine et l’Inde, de faire fi des normes de sécurité dans un souci de profits…

Les études menées jusqu’à présent tendent à porter de manière générale sur le continent. Si elles permettent d’avoir une idée sur l’état des relations commerciales et d’investissement entre les émergents et l’Afrique, elles ne permettent pas d’avoir une visibilité sur le contenu de ces échanges en Afrique de l’Ouest. Tout cela montre que le secteur minier n’est pas bien documenté ni bien analysé. Les configurations actuelles du secteur minier dans les pays africains et la faiblesse de son impact sur la vie des populations montrent la nécessité de renouveler les modalités de la gouvernance du secteur. Dans de nombreux pays, le mode d’exploitation, de gestion et de redistribution des revenus tirés des ressources minières apparait souvent comme une source de conflit.  Une nouvelle gouvernance des ressources minières orientée vers les intérêts des Etats africains apparait comme une solution efficace pour renverser les tendances observées jusqu’ici. Cela passe par la mise en place de politiques de développement à long terme, dans lesquelles le secteur minier sera considéré comme un élément clé de la stratégie de transformation économique et sociale et non comme une simple niche de prélèvement de taxes.

  1. 2.      Objectifs de l’atelier

L’objectif de l’atelier est de créer  un espace d’échange et de partage autour des différentes études qui ont été menées au Sénégal, Guinée,  Ghana et Liberia.

L’atelier vise à :

  • Présenter les résultats obtenus des études qui ont été fait au Sénégal, Guinée, Libéria et Ghana.
  • Fournir une plateforme d’échange et de partage entre l’Etat, la société civile et les autres acteurs sur les politiques et stratégies nationales dans le secteur minier ;

 

  1. 3.      Résultats attendus 
  • Une trentaine d’acteurs avec une parfaite connaissance du contenu et des enjeux de la gouvernance des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest.
  • Un relevé de conclusions et recommandations concrètes à adopter ;
  • Une base de données et un réseau d’échange d’informations sur la gouvernance des ressources naturelles;

  1. 4.      Acteurs concernés

Les acteurs concernés par l’atelier de restitution sont:

  • l’État du Sénégal à travers les ministères et directions en charge des questions minières ;
  • les entreprises minières qui opèrent au Sénégal ;
  • les organisations de la société civile et du secteur privé ;
  • les parlementaires et les membres du Conseil économique et social ;
  • les organisations communautaires de base des principales zones d’exploitation minière ;
  • la presse ;
  • etc. 

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