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Un ambitieux plan visant à électrifier le continent africain a été lancé par la Banque africaine de développement (BAD), le 21 janvier, dans le cadre du Forum économique mondial de Davos. Ce New Deal pour l’énergie en Afrique prévoit que le secteur privé et les gouvernements locaux unissent leurs forces autour de projets visant à renforcer la capacité de génération d’énergie, dans l’optique de parvenir à un accès universel à l’énergie en Afrique d’ici 2025. L’initiative avait été dévoilée en septembre 2015, lors d’une réunion consultative de haut niveau au siège de la BAD, à Abidjan.

« Il est temps d’agir de manière décisive […] pour éclairer et électrifier l’Afrique, accélérer le rythme de la transformation économique, débloquer le potentiel des affaires, et stimuler une industrialisation nécessaire à la création d’emplois », a déclaré Akinwumi Ayodeji Adesina, le président de la Banque africaine de développement (BAD), à l’occasion du lancement.

Le New Deal comprend quatre objectifs majeurs à atteindre d’ici 2025 : (1) accroître la production d’électricité sur le réseau en y ajoutant 160 Gigawatts de nouvelle capacité, (2) améliorer la distribution et les raccordements au réseau en créant 130 millions de nouvelles connexions (160 pourcent de plus qu’aujourd’hui), (3) augmenter la production hors réseau, afin d'y ajouter 75 millions de raccordements (20 fois plus qu’aujourd’hui), et (4) accroître l'accès à une énergie propre pour cuisiner pour quelque 130 millions de ménages.

Le New Deal sera mis en œuvre à travers une plateforme, le Partenariat révolutionnaire sur l'énergie pour l'Afrique, qui coordonnera l’action des partenaires publics et privés autour de projets de génération et de distribution d’électricité, y compris dans le cadre des programmes existants dans le secteur de l’énergie en Afrique. La BAD supervisera ce mécanisme en collaboration étroite avec les chefs d’État, les ministres de l’énergie et les ministres des finances de chaque pays. Le partenariat vise également à aider les gouvernements à se coordonner à l’échelle régionale, afin que les pays puissent échanger des ressources énergétiques de manière transnationale.

Des économies dans le noir
Le manque d’électricité en Afrique a des conséquences profondes. Plus de 645 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, ce qui représente 53 pourcent des personnes n’ayant pas l’électricité à l’échelle mondiale. Cette pénurie d’électricité retarde la progression des économies africaines. La BAD estime que les goulots d’étranglement dans le secteur de l’énergie et les pénuries d’électricité coûtent aux pays africains de 2 à 4 pourcent de leur PIB chaque année. Les entreprises en Tanzanie et au Ghana voient la valeur de leurs ventes diminuer de 15 pourcent en raison des pénuries d’électricité.

« Les besoins en énergie sont en train de s’accroître de 25 à 30 pourcent, ce qui surpasse le taux de croissance de l’économie. Cela signifie que nous devons développer l’énergie très rapidement si nous voulons aller encore plus vite vers le développement », a déclaré Hailemariam Desalegn, la première ministre éthiopienne, lors d’un débat consacré aux grands défis du continent africain.

Un potentiel inexploité
L’Afrique recèle un grand potentiel en matière d’énergies renouvelables qui, s’il était davantage exploité, pourrait combler l’écart entre l’offre et la demande dans le domaine de l’énergie. Le potentiel du continent est de plus de 10 terawatts pour l’énergie solaire, de 350 gigawatts pour l’énergie hydroélectrique, de 110 gigawatts pour l’énergie éolienne, et de 15 gigawatts pour l’énergie géothermique. Néanmoins, le New Deal a été élaboré comme une initiative « neutre en termes de ressources et de technologies », encourageant les pays à développer des infrastructures en fonction de leurs avantages comparatifs de manière non-biaisée en faveur des énergies renouvelables.

Mobiliser ce potentiel pour réaliser les objectifs fixés par le New Deal nécessitera des investissements dans les infrastructures du secteur de l’énergie de l’ordre de 40-70 milliards US$ par année. Entre 2016 et 2020, la Banque africaine de développement investira à elle seule environ 12 milliards US$. Ces financements seront effectués par le biais d’organisations du secteur privé. Akinwumi Ayodeji Adesina a ajouté, lors d’une conférence de presse au sujet du New Deal, que les pays africains devraient également consacrer une plus grande part de leur PIB au secteur de l’énergie, avec une augmentation prévue de 0.3 à 3.4 pourcent.

Rapport ICTSD.

 

 

 

 

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