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Avec les évolutions récentes du commerce et de l’intégration régionale en Afrique, le groupe parlementaire multipartite « Trade Out of Poverty » du Royaume-Uni lance une enquête sur les progrès et l’avenir de l’initiative britannique pour le libre-échange en Afrique.   


Cinq ans se sont écoulés depuis le lancement de l’initiative pour le libre-échange en Afrique (
Africa Free Trade initiative - AFTi). Visant à encourager l’intégration des pays africains entre eux et au sein du système commercial mondial, l’AFTi faisait partie des grandes priorités de la stratégie à cinq ans du Royaume-Uni en matière de commerce, telle que publiée en février 2011. Bien que l’AFTi ait contribué à des réalisations importantes dans la conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes dans les domaines de l’intégration régionale et de la facilitation des échanges en Afrique, il reste encore beaucoup à faire dans l’environnement actuel en pleine évolution du commerce international.

L’enquête sur l’AFTi (voir section ci-dessous pour davantage de détails) lancée par le groupe parlementaire multipartite « Trade Out of Poverty » (APPG TOP) du Royaume-Uni arrive au bon moment pour examiner les opportunités émergentes de développement du commerce africain, ainsi que son rôle en tant qu’instrument de croissance durable, d’emploi et de réduction de la pauvreté. Elle devrait également aider à mieux définir le rôle de soutien des partenaires de développement tels que le Royaume-Uni en vue d’aider les pays africains à exploiter ces opportunités.

 

L’initiative pour le libre échange en Afrique
Le renforcement des outils de politique commerciale et de développement constitue l’une des priorités de la stratégie du Royaume-Uni en matière de commerce. L’AFTi apporte ainsi un soutien non seulement politique, mais également technique et financier aux réformes du commerce, dans le but de contribuer à faciliter les échanges entre pays africains et avec le reste du monde.

« Le commerce et les entreprises ont le pouvoir de changer la vie des gens. Comme nous le voyons actuellement sur tous les continents, la croissance économique est le moteur dynamique qui permettra de sortir des dizaines de millions de personnes de la pauvreté sur le long terme. Cela implique que les pays africains achètent et vendent entre eux et développent des relations commerciales entre eux et avec le monde », écrivait le premier ministre britannique, David Cameron, quelques mois après le lancement officiel de l’initiative en février 2011.

L’AFTi a depuis lors fédéré plusieurs initiatives régionales dans le domaine du commerce relevant de différents départements du gouvernement du Royaume-Uni – le Département du développement international (DFID), le Département des entreprise, de l’innovation et des compétences (BIS) et le Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) – en vue de simplifier les formalités administratives, d’abaisser les droits de douane et d’améliorer les infrastructures en Afrique.

L’une des ambitions de l’AFTi consistait à offrir un accès à la mer aux pays enclavés, et donc à élargir l’accès aux marchés pour ces pays, en investissant dans des postes frontières uniques et en améliorant les infrastructures matérielles et immatérielles, toujours dans le but de simplifier les formalités administratives liées au commerce. TradeMark East Africa, un instrument multilatéral représentant 700 millions de dollars lancé par le Royaume-Uni dans le cadre de l’aide pour le commerce, a joué un rôle décisif dans la réduction des barrières commerciales en Afrique de l’Est, grâce par exemple à la mise en place de postes frontières uniques dans des pays comme le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie ou encore le Kenya, ainsi qu’à la réduction des délais de dédouanement aux frontières. En Tanzanie par exemple, le temps de passage à la frontière a été réduit de 30 pourcent grâce à la création de quatre postes frontières uniques dans les localités de Holili, Mutukula, Kabanga et Tunduma.

L’AFTi a également apporté un soutien technique et financier aux efforts d’intégration régionale en Afrique, en contribuant notamment au lancement l’an dernier de la Zone de libre-échange tripartite, qui regroupe les trois principales communautés économiques régionales d’Afrique, à savoir le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

À l’approche du cinquième anniversaire de l’AFTi, il est particulièrement important de poser un regard nouveau sur les progrès actuels, ainsi que sur les nouveaux domaines dans lesquels le Royaume-Uni pourrait jouer un rôle en vue de soutenir le commerce et l’intégration régionale en Afrique.

 

Opportunités d’avenir pour le commerce africain
Dans l’environnement en pleine évolution du commerce international (voir Bridges Africa, volume 5, numéro 2), de nouvelles opportunités sont en train d’apparaître pour les pays du continent africain. Ces opportunités pourraient permettre aux économies africaines de développer leurs échanges commerciaux, de les restructurer et d’accroître leur valeur, que ce soit à l’échelon régional ou international.

Les progrès réalisés en matière d’intégration régionale et continentale sur le continent africain offrent un potentiel significatif de développement commercial, économique et social. Les négociations sur l’établissement d’une Zone de libre-échange continental (CFTA) – l’équivalent africain des accords méga-régionaux – ont commencé en février 2016. Il est estimé que la mise en œuvre d’un tel accord pourrait amener à une augmentation de 35 milliards de dollars par an des échanges commerciaux intra-africains d’ici 2022. La Zone de libre-échange tripartite est également entrée dans une nouvelle phase de négociation, qui portera sur d’autres aspects que les obstacles au commerce des marchandises, comme par exemple le commerce des services ou la propriété intellectuelle. Ces opportunités représentent autant de catalyseurs de la croissance économique sur le long terme pour un grand nombre de pays africains.

Au-delà des accords commerciaux, les importants changements que connaît actuellement l’économie mondiale créent de nouvelles opportunités de marché pour les pays africains. Avec près de 348 millions d’utilisateurs de la téléphonie mobile en 2014 en Afrique subsaharienne, il existe beaucoup d’enthousiasme et d’espoir que les technologies numériques permettent aux pays africains de sauter certaines étapes traditionnelles du développement industriel. L’évolution de la structure économique et de la demande des consommateurs des économies émergentes telles que la Chine offre également aux pays africains la possibilité d’accélérer leur processus d’industrialisation. Les échanges reposant sur les chaînes de valeur mondiales offrent également une réelle possibilité pour l’Afrique de tirer profit de ses avantages comparatifs et de participer à différents niveaux de ces chaînes de valeur.

Au vu de ces nouvelles opportunités, il est nécessaire que les partenaires de développement tels que le gouvernement britannique réfléchissent à la redéfinition de leurs politiques passées et actuelles afin d’aider les pays africains à relever les nouveaux défis et à mieux exploiter ces opportunités.

 

Enquête sur l’initiative du Royaume-Uni pour le libre-échange en Afrique
Avec un nouveau gouvernement en place depuis mai 2015 au Royaume-Uni, et le lancement d’une nouvelle stratégie d’aide en novembre 2015, le moment est venu d’examiner les progrès, le potentiel et l’avenir de l’AFTi.

Lancée par le groupe parlementaire multipartite « Trade Out of Poverty » (APPG TOP), l’enquête sur l’AFTi s’attelle à examiner les enseignements à tirer, les défis et les obstacles à la réalisation des objectifs fixés et le contenu éventuel d’une nouvelle AFTi. Elle doit notamment se pencher sur les objectifs qu’une telle initiative devrait viser et les moyens et partenariats permettant sa mise en place. Dans le cadre de cette enquête, le Comité [1], présidé par Lord Stephen Green, ancien ministre britannique du commerce et de l’investissement, et Ali Mufurki, président d’Infotech Investment Group, s’est engagé dans un dialogue avec un large éventail de parties prenantes, afin de mieux cerner les évolutions récentes de l’ordre du jour commercial de l’Afrique et d’examiner les réalisations de l’AFTi depuis 2011.

Cette enquête devrait permettre de s’appuyer sur les réussites de l’AFTi pour générer un impact plus important et plus durable à l’avenir sur le continent africain. Le rapport sera publié et remis au premier ministre britannique, ainsi qu’aux ministres du Département du développement international (DFID), du Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) et du Département des entreprises, de l’innovation et des compétences (BIS) dans le courant de l’été 2016. Ses conclusions seront ensuite discutées avec les gouvernements africains, les secrétariats des communautés économiques régionales, l’Union africaine et d’autres instances politiques clés.

 

Auteurs : Darlington Mwape, Attaché de recherche senior, ICTSD, et ancien représentant permanent de la Zambie auprès de l’OMC. Peter Lilley, Député du Royaume-Uni et co-président du groupe parlementaire multipartite « Trade Out of Poverty ».



[1] Les autres membres du comité sont Myles Wickstead, ancien directeur du secrétariat de la Commission des Nations unies pour l’Afrique, et Darlington Mwape, attaché de recherche senior au Centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD) et ancien représentant permanent de la Zambie auprès de l’OMC.

 

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