ENDACACID


La présente note formule les termes de référence de la première édition des "Partenariats économiques Sénégalo-Ivoiriens pour l'Intégration et l'Emergence" (PESIRE). Elle présente le cadre conceptuel de ce projet, analyse le contexte national et régional du partenariat sénégalo-ivoirien, présente les objectifs poursuivis et résultats attendus ainsi que la méthodologie.   


I. CONTEXTE
En Côte d'Ivoire comme au Sénégal, la création des conditions de la transformation structurelle de l'économie et de l'émergence est au cœur des politiques gouvernementales depuis plusieurs années. La mobilisation des acteurs, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, autour d'une ambition commune consistant à lever les obstacles conjoncturels et structurels qui jusqu'ici ont empêché ces pays de réaliser leur potentiel et de mettre en place les bases d'une croissance durable et inclusive apparait comme une des priorités dans les deux Etats.
 

La mise en œuvre de politiques macroéconomiques et sectorielles visant à créer et à renforcer des pôles de compétitivité et à promouvoir  d'une part les investissements publics et privés  et d'autre  part la transformation des produits et la diversification des exportations a permis de lancer une nouvelle dynamique économique en soutien aux efforts vers le développement. Grace à la confiance placée en ces pays par leurs partenaires au développement, la Côte d'Ivoire comme le Sénégal ont levé d'importants capitaux pour financer leurs programmes d'émergence respectifs. Ils ont aussi mobilisé et mieux canalisé les capitaux privés nationaux vers les objectifs de développement en cohérence avec les plans gouvernementaux.
 

Dans les deux pays, l'investissement et la transformation des produits et la promotion des exportations sont considérés comme les piliers parmi les plus solides des stratégies vers une croissance inclusive et durable. Ce choix volontaire et raisonné de faire des investissements et du commerce l'un des meilleurs leviers de l'émergence découle de la prise de conscience effective, non seulement de leur propre potentiel dans ces deux domaines, mais aussi de la force du marché régional ouest africain qui, avec plus de 300 millions de consommateurs actuellement et près de 550 millions attendus en 2050, apparait comme l'un des marchés économiques et financiers les plus prometteurs dans le monde.
 

Au sein de l'UEMOA, la Cote d’ivoire et le Sénégal sont respectivement la première et la deuxième économie de l’Union. Ils sont à l’origine de 36,4%  pour le premier et 20,2% pour le second, des exportations totales sur la période 2000/2013. Les deux sont les principaux fournisseurs intra régionaux[i]. Avec une population estimée à 23,7 millions d’habitants et un PIB de 18.948 milliards de FCFA, la Côte d’Ivoire est le géant de l’économie de l’UEMOA. Elle représente 35% du PIB et 60% de ses exportations agricoles. Le budget 2016 de la Côte d’Ivoire s’élève à 5813 milliards de FCFA soit une progression de 11,9% par rapport au budget de 2015 qui s’élevait à 5121 milliards de FCFA.

Le Sénégal quant à lui a un PIB de 8.290 milliards de FCFA pour 14,7 millions d’habitants. Il représente 18% du PIB de l'UEMOA et occupe la deuxième position derrière la Cote d’Ivoire. En 2016, le Sénégal affiche, selon les estimations,  un taux de croissance estimé à 6,6% pour un budget de 3021 milliards, montrant ainsi un dynamisme économique accru par rapport à l’année 2015 où le budget s’établissait à 2870 milliards.

L’analyse de la structure des échanges en marchandises durant les années 2012 et 2013, fait ressortir une baisse des importations et une hausse des exportations entre les deux pays. Les exportations de la Côte d’Ivoire vers le Sénégal sont passées de 32,6 milliards en 2012 à 48,1 milliards en 2013 soit une hausse de 32%. Les importations en provenance du Sénégal sont passées de 86 à 68,4 milliards entre 2012 et 2013, soit une baisse de 20,5%.

Dans la même période, les exportations du Sénégal vers la Cote d’Ivoire se sont élevées de 30 milliards en 2012 à 42 milliards de FCFA en 2013, soit une progression de 28,6%. Les importations en provenance de la cote d’Ivoire sont passées de 86 milliards en 2012 à 68,3 en 2013, soit une régression de 20,6%[ii].


Dans la zone CEDEAO
, la Côte d'ivoire et le Sénégal sont, avec le Nigeria et le Ghana, parmi les quatre géants qui produisent la quasi totalité de la richesse régionale et réalisent plus des 3/4 du commerce. En plus de leur rôle économique de premier plan, ces deux pays sont connus pour l’engagement politique de leurs principaux dirigeants en faveur de l’intégration régionale et la construction d’un marché commun en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire est la championne du commerce intra-régional, totalisant 25% de ce commerce, contre 23% pour le Nigeria, 11% pour le Sénégal et 8% pour le Ghana.  

2. JUSTIFICATION
En dehors de leur ancrage et leur rôle moteur dans les espaces UEMOA et CEDEAO, la Côte d'Ivoire et le Sénégal partagent aussi le fait d'avoir fait une option résolue pour la promotion du secteur privé, l'attrait des investissements étrangers et la mobilisation des investissements nationaux et régionaux,  le développement des petites et moyennes entreprises et le renforcement de la compétitivité commerciale des entreprises exportatrices.

Eu égard à leurs expériences respectives, la similarité de certaines de leurs contraintes, leurs besoins et leurs stratégies, la Côte d'Ivoire et le Sénégal offrent un bon cas d'école pour construire un espace de coopération régionale et de coopération Sud-Sud dans de nombreux domaines. La levée progressive de la contrainte de l'information sur les marchés et les opportunités commerciales entre les deux pays offrent en effet aux entreprises de nouvelles  opportunités pour accéder à des intrants, des capitaux et des marchés adaptés à leurs tailles et réalité socioéconomique.  

De plus, du fait de ces similarités, la mise en place d'un cadre approprié de partenariat entre les entreprises ivoiro-sénégalaises d'une part et les  structures publiques et les associations du secteur privé et de la société civile de l'autre, peut permettre de baliser un espace de co-apprentissage, de co-entreprise et de renforcement mutuel entre les acteurs publics et privés. L’exigüité des marchés nationaux offre, en effet, aux entrepreneurs des marges de progression relativement faibles alors que le potentiel sous-régional demeure largement inexploité ou est souvent laissé aux multinationales étrangères. Cette démarche pourrait à terme permettre de conceptualiser et façonner de nouveaux produits commerciaux et d'investissement dans des secteurs économiques traditionnels (secteurs halieutiques, agro-alimentaires, pharmaceutiques, des transports, bâtiments et constructions, banques et assurances, etc.) mais aussi dans des secteurs innovants (commerce électronique, télécommunication et TIC, etc.)

L'ouverture du marché régional ouest-africain, grâce à la mise en œuvre du schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO (SLEC) et l'harmonisation des politiques tarifaires et des procédures douanières par le lancement du Tarif extérieur commun (TEC) depuis le 1er janvier 2015 sont des raisons supplémentaires qui incitent à l'action pour transformer les contraintes en opportunités et actualiser les potentiels. Ces instruments constituent des forces motrices pouvant faciliter l'augmentation du niveau des échanges commerciaux bilatéraux entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal. De même, l'harmonisation des codes d'investissement et le renforcement des synergies et de la complémentarité des marchés financiers au niveau communautaire donnent un socle solide pour bâtir une relation durable entre les deux pays, afin de les offrir en exemple aux autres Etats de la région.

Le renforcement des liens économiques entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal, comme moyen de renforcer l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest, est un acte de bon sens. C'est une ambition au centre d'enjeux économiques, politiques et sociaux à court, moyen et long terme.

C'est en étant conscients de ces enjeux que des acteurs des secteurs public, privé et de la société civile de la Côte d'Ivoire et du Sénégal ont décidé de conjuguer leurs efforts pour mettre en place un espace de réflexion, d'échange et de dialogue multi-acteurs  direct en vue de consolider les relations d'affaires Sénégalo-Ivoiriennes existantes et d'ouvrir de nouvelles possibilités de commerce et d'investissement. Cet espace institutionnel ouvert est dénommé "Partenariats économiques Sénégalo-Ivoiriens pour l'Intégration et l'Emergence" (PESIRE).  

Il est le fruit d'une initiative conjointedu Centre Africain pour le Commerce, l'Intégration et le Développement (CACID), un Centre de ressources et d'expertise sur le commerce et l'intégration régionale, membre du Réseau Enda Tiers Monde, l'Ambassade du Sénégal en Côte d'Ivoire, le Ministère de l'Intégration Africaine et des Ivoiriens de l'Extérieur, du Centre pour la Promotion des Investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI), les Chambres de commerce de Dakar et d'Abidjan ainsi que les agences de promotion des exportations (ASEPEX et APEXCI). 

La première édition sera organisée à Abidjan, en Côte d'Ivoire, du 26 au 28 avril 2017.

Les porteurs de l'initiative travaillent en partenariat étroit avec les structures administratives comme les douanes, mais aussi les organisations patronales de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, notamment la CGECI, la CNES, le CNP, le GES et L'UNACOIS, entre autres.  

Les Port autonomes de Dakar et d'Abidjan, les Conseils de chargeurs sont aussi au nombre des partenaires techniques.


3. OBJECTIFS DU FORUM

Les objectifs poursuivis par les organisateurs sont les suivants:

  • Fournir un espace d'échange et de dialogue multi-acteurs sur les politiques, programmes et stratégies dans les domaines de l'investissement et du commerce au Sénégal et en Côte d'Ivoire;   

  • Identifier, analyser et mettre en perspective les opportunités d'investissement et de commerce entre les deux pays;

  • Faciliter les échanges directs entre opérateurs économiques ivoiriens et sénégalais d'une part et entre ces opérateurs économiques et les administrations publiques nationales et les institutions régionales d’autre part ;

  • Analyser et documenter les ressorts et déterminants de l'investissement et du commerce bilatéral entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal;

  • Identifier et analyser les entraves au commerce et à l'investissement entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire et fournir des réponses appropriées.

 

RESULTATS ATTENDUS

  • Un espace de dialogue et de construction de partenariats multi-acteurs pour le commerce et l'investissement entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal est institué;

  • De nouvelles possibilités de commerce et d'investissement ainsi que des secteurs porteurs de croissance et à fort potentiel de création d'emplois sont identifiés;

  • Un réseau multi-acteurs pour le suivi et le renforcement du partenariat économique bilatéral Sénégalo-Ivoirien est mis en place;

  • Un dispositif de suivi du commerce bilatéral Sénégalo-ivoirien et un système d'information commercial sont mis en place;

 

4.  DEMARCHE ET OPERATIONNALISATION

Ce projet est tout entièrement orienté vers une approche de promotion du secteur privé. Le rôle des initiateurs se limite à susciter et accompagner les opérateurs privés et les structures publiques qui donnent un contenu concret au partenariat.  

L’idée est d’amener les opérateurs économiques de la Côte d’Ivoire et du Sénégal  à s’en approprier et à devenir les fers de lance afin de renforcer en permanence leurs relations commerciales.  

Le Choix d'Abidjan pour abriter la première édition des "Partenariats économiques sénégalo-ivoiriens pour l'intégration et l'émergence" n'est pas fortuit. Il vise d'une part à reconnaitre et célébrer la place de la Côte d'Ivoire en tant que champion du commerce intra-régional, et d'autre part à donner des exemples concrets sur la façon dont on peut utiliser les complémentarités nationales  pour renforcer l'investissement et le commerce entre pays de la CEDEAO dans le cadre d'une coopération  Sud-Sud et régionale bien pensée.



5.  DEROULEMENT DES ACTIVITES
Le Forum bilatéral Sénégalo-Ivoirien sera ouvert le Mercredi 26 avril 2017 et durera jusqu'au vendredi 28 avril. Les activités seront séquencées ainsi qu'il suit:  

  • Lundi 24 avril: Arrivée de la délégation Sénégalaise à Abidjan.

  • Mardi 25 Avril: Participation au Dialogue Régional multi-acteurs sur le thème "les forces motrices du commerce et de la libre circulation des marchandises dans l'espace de la CEDEAO". Ivoiriens et Sénégalais seront avec d'autres acteurs publics et privés des Etats et institutions de la CEDEAO. Ce dialogue a pour but de mettre en débat les forces et faiblesses des principaux instruments de politique commerciale de la CEDEAO, notamment le schéma de libéralisation des échanges (SLE) et le tarif extérieur commun  (TEC). Il permettra aussi de faire l'analyse des enjeux et implications de la réalisation de la zone de Libre Echange Continentale (ZLEC) et de l'entrée en vigueur  de l'Accord sur la Facilitation des Echanges de l'OMC  (AFE) sur les économies Ouest-Africaines.

  • Mercredi 26 Avril:

    • Ouverture des "Partenariats Economiques Sénégalo-Ivoiriens pour l'Intégration et l'Emergence" (PESIRE):

    • Panels et échanges sur les politiques et initiatives en matière d'investissement

  • Jeudi 27 Avril:

    • Panels et échanges sur le commerce

    • Rencontres institutionnelles entre organisations patronales et entreprises

    • Echanges entre structures administratives

    • Rencontres directes en B2B et partenariats d'affaires

    • Visites d'entreprises

  • Vendredi 28 Avril:

    • Séance de don de sang des Sénégalais

    • Présentation des conclusions

    • Cocktail et Clôture


6.  LES ACTEURS IMPLIQUES
L'initiative est une co-construction impliquant des acteurs assumant chacun  des responsabilités convergentes qui doivent en garantir le succès.

Les porteurs de l'initiative

  1. Le Centre Africain pour le Commerce, l'Intégration et le Développement (CACID)
  2. Le Ministère de l'Intégration Africaine et des Ivoiriens de l'Extérieur de Côte d'Ivoire
  3. Ministère du Commerce, du secteur informel, de la promotion des produits locaux et de la consommation du Sénégal.
  4. L'Ambassade du Sénégal en Côte d'Ivoire (Ministère des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l'Extérieur)
  5. Le Centre pour la Promotion des Investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI)
  6. L'Agence Sénégalaise de Promotion des Investissements (APIX)
  7. La Chambre de Commerce d'Abidjan
  8. Chambre de commerce de Dakar
  9. L'Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX)
  10. L'Agence pour la Promotion des Exportations de la Côte d'Ivoire (APEXCI)



Les partenaires institutionnels stratégiques


En C
ôte d'Ivoire

  1. GECI
  2. Douanes Ivoiriennes
  3. Port Autonome d'Abidjan
  4. Etc.


Au Sénégal:

  1. Groupement économique sénégalais (GES)

  2. Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS)

  3. Les Douanes  Sénégalaises

  4. Etc. 


[i] Analyse de la structure du commerce Extérieur de biens et services de l’UEMOA, BCEAO

[ii] Analyse tirée des statistiques des douanes Sénégalaises  

 

 

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