ENDACACID

Les co-présidents d’un groupe de l’ONU chargé de rédiger un projet relatif aux objectifs de développement durable a publié, une liste de 19 domaines prioritaires, à la suite d’une année de discussions. Cet effort fait partie d’un processus plus large qui vise l’élaboration d’un agenda du développement post 2015 devant remplacer les Objectifs du Millénaire pour le développement, ceux-ci arrivant bientôt à expiration.

Le plan de développement d’un ensemble d’Objectifs de développement durable – émanant d’une initiative présentée par la Colombie et le Guatemala -  était un résultat clé de la Conférence des Nations-Unies sur le développement durable (Rio+20), tenue en juin 2012 à Rio de Janeiro, au Brésil. Il y a eu depuis lors des discussions sur ce sujet dans le cadre d’un Groupe de travail ouvert sur les Objectifs de développement durable, établi en janvier 2013 par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Pour le Groupe de travail, les Etats Membres de l’ONU ont décidé de recourir à un système de représentation par les mandants, ce qui renvoie au fait que la plupart des sièges du groupe sont partagés. Pour rester inclusif, le groupe a été invité à élaborer des modalités pour faire intervenir les parties prenantes, la société civile et la communauté scientifique.

Une lettre d’accompagnement rédigée par des co-présidents du Groupe de travail ouvert, Macharia Kamau, Représentant permanent du Kenya et Csaba Kőrösi, Représentant permanent de la Hongrie, indique que ces 19 domaines prioritaires sont un résumé des informations fournies par les Etats Membres et les parties prenantes durant les huit sessions de discussion thématique du Groupe.

Les deux co-présidents laissent également entendre que l’éradication de la pauvreté, le développement international équitable et la protection de l’environnement  « figuraient au nombre des défis de développement  durable les plus pressants que l’humanité est tenue de relever au cours de  ce siècle. »

« Nous estimons que la communauté internationale pourrait voir de plus grands impacts du changement axé sur la transformation tant recherchée si des mesures supplémentaires sont prises dans ces domaines prioritaires du développement durable. Ceci est nécessaire pour bâtir des sociétés prospères, pacifiques et résilientes qui protègent également la planète, » peut-on lire dans leur lettre.

Il s’agit pas d’un projet zéro

Chacun des 19 domaines prioritaires  du rapport  souligne les liens croisés avec d’autres questions, en conformité avec l’objectif convenu à l’échelle internationale de créer un ensemble d’objectifs du développement universels qui intègrent et équilibrent les préoccupations environnementales, sociales et économiques.

La lettre des co-présidents met l’accent sur le fait que ces domaines prioritaires ne constituent pas un « projet zéro » ou une première version de travail, en indiquant que les sujets inclus n’étaient pas « exhaustifs. » Du fait que la communauté internationale souhaite avoir un ensemble restreint d’objectifs, les experts suggèrent qu’il faudra probablement réduire les 19 domaines. Une possibilité serait par exemple de combiner des thèmes complémentaires.

Le document publié  comprenait également un rapport d’étape qui présentait en détail la substance des discussions thématiques. Le texte révèle qu’initialement, le groupe cherchait à formuler une vision et un narratif pour procéder à la sélection d’objectifs proposés, mais que par la suite, il les avait directement définis avec précision, y compris en identifiant des cibles associées.

Commentant le processus, Sakia Hollander, chercheur à l’ONG The Broker, laisse entendre qu’il subsiste des divergences sur les cibles et le financement qui y est associé. « Alors que le Nord opte pour une liste claire et négociable de buts et de cibles, le G-77 est peu disposé à souscrire à des objectifs et des cibles et met l’accent sur le fait que la question du financement doit être  résolue en premier lieu, » écrivait-elle.

Hollander se demande également si les économies émergentes continueront à formuler ce discours ou s’ils renonceront plutôt au modèle de développement conventionnel au profit de paradigmes de financement alternatif – tels que la coopération Sud-Sud, pour tirer parti du commerce et de l’investissement.  

Le commerce catalyseur du développement durable

Parmi les sujets et cibles devant être examinés, le document sur les domaines prioritaires mentionne le large rôle d’un système commercial ouvert et fondé sur des règles pour promouvoir la croissance durable. Plus spécifiquement, ceci comprend des références à la prise en compte des subventions néfastes, bien que l’idée de la nécessité de disposer d’une  politique pour appuyer le développement ait été avancé ; ainsi qu’à la promotion des nouvelles industries.

La section sur les ressources marines, les océans et les mers, par exemple, suggère l’élimination de toutes les subventions à la pêche préjudiciables, ainsi que la lutte contre la pêche non déclarée et non réglementée. Le domaine de l’énergie comprend l’élimination progressive « des subventions inefficaces aux combustibles fossiles qui encouragent le gaspillage en matière de consommation, » alors que la section sécurité alimentaire et nutrition porte sur la prise en compte des « subventions agricoles néfastes. »      

Le rapport d’étape note toutefois, pour sa part, que les membres du Groupe de travail ouvert ont discuté du fait que les questions liées au commerce – telles que les subventions agricoles et à la pêche -  sont également traitées dans le cadre de l’OMC.

Le groupe de travail poursuivra à présent la seconde phase de ses travaux au cours de cinq sessions de négociation prévues de début mars à mi-juillet, et les parties prenantes ont été invitées à fournir des informations à travers diverses plates-formes de liaison. Le résultat énoncé sera un rapport contenant des propositions d’objectifs de développement durable, à présenter pour examen lors  la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2014.

Compte-rendu de l’ICTSD.


  

Buy Vytorin

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir