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Des responsables africains de haut niveau ont récemment indiqué que les négociations en vue d’un accord de libre-échange  couvrant les trois communautés économiques régionales majeures en Afrique ont bien progressé et pourraient se conclure d’ici la fin de cette année.

“Une fois que nous aurons achevé (les négociations), ce sera le moteur du renforcement de la capacité économique et politique des pays concernés. Je suis satisfait du rythme des négociations. J’attends avec impatience, et je suis sûr qu’il en est de même pour nous tous, la conclusion de ces négociations avant le dernier trimestre de 2014, a observé le Président du Sommet des Chefs d’Etat de la Communauté économique africaine au cours de l’Assemblée législative d’Afrique de l’Est tenue le 25 mars à Arusha, en Tanzanie.

Se faisant l’écho du Président Kenyatta, le Secrétaire exécutif sortant de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique austral), Tomaz Salomão, a déclaré que des progrès significatifs ont été enregistrés en vue du lancement de l’Accord tripartite de zone de libre-échange, lors d’un récent sommet de la SADC tenu à Lilongwe, au Malawi.

On s’attend à ce que les trois principaux blocs régionaux de l’Afrique – le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), la CEA et la SADC – concluent l’Accord tripartite de libre-échange qui couvrira 26 pays, avec un produit intérieur brut (PIB) d‘environ mille milliards de dollars US d’ici la fin de cette année.

L’Accord tripartite de libre-échange servira alors de base pour l’achèvement, d’ici 2017, d’un accord continental de libre-échange et on s’attend à ce qu’il donne une impulsion d’au moins 25-30%  aux échanges au sein de l’Afrique au cours de la prochaine décennie pour mener à terme à l’établissement d’une Communauté économique africaine.

Négociations: à mi chemin

Selon la feuille de route en vue de l’établissement d’un accord tripartite de libre-échange – adoptée au cours du second Sommet tripartite des Chefs d’Etat et de Gouvernements de 2011 à Johannesbourg, en Afrique du Sud – toutes les négociations devraient s’achever dans un délai de trois ans suivant la signature du Protocole d’accord établissant l’Accord tripartite, en janvier 2011. Par la suite, la COMESA, la CEA et la SADC devraient lancer un accord de libre-échange unique d’ici 2016, sur la base des Accords de libre-échange déjà en place.

Les négociations en vue de l’Accord de libre-échange sont menées en trois phases : la phase préparatoire, la phase une et la phase deux.

Les trois communautés économiques sont à présent engagées dans les négociations de la phase une, qui couvre les questions fondamentales ayant trait à l’accord de libre-échange : la libéralisation des échanges, les règles d’origine, les procédures douanières et la simplification de la documentation douanière et enfin les procédures de transit, entre autres questions.

Le mouvement des hommes d’affaires est traité séparément, durant la première phase des négociations.   

La phase préparatoire, qui allait de décembre 2011 à novembre 2012, portrait sur l’échange de toutes les informations pertinentes, notamment les droits tarifaires, ainsi que sur les données et les mesures commerciales.

La phase 2, dernière étape des négociations, devrait bientôt démarrer  et couvrira le commerce des services et des questions liées au commerce telles que les droits de propriété intellectuelle, la politique de concurrence, le développement du commerce et la compétitivité.

On s’attend à ce que l’Accord tripartite de libre-échange repose sur les trois piliers de l’intégration des marches, du développement des infrastructures et du développement industriel et qu’il consolide les progrès en matière de libéralisation des échanges déjà réalisés au sein des trois communautés économiques régionales.

Concernant l’intégration des marches, les réunions du Forum tripartite des négociations commerciales, qui est chargé des négociations sur ce pilier, ont abouti aux résultats suivants : adoption d’un Plan de travail pour des négociations sur le commerce des marchandises; reconnaissance du projet d’accord de libre-échange et des Annexes pour les négociations; accord sur l’adoption du résultat des négociations; et établissement de Groupes de travail sur la coopération douanière, procédures de documentation et instruments de transit; obstacles techniques au commerce, mesures sanitaires et phytosanitaires et obstacles non tarifaires; et règles d’origine.

Relever les défis à venir
Tout en reconnaissant les avantages potentiels de l’accroissement des échanges, certains experts ont souligné que l’Accord de libre-échange ne pourrait être soutenu que si les obstacles qui minent actuellement les échanges en Afrique étaient surmontés. Ces obstacles comprennent : le chevauchement des affiliations des membres, qui peut entraver les processus d’harmonisation et la mise en application des règles d’origine unifiées; le manque de diversification économique; et les insuffisances en matière d’infrastructures.

Les sceptiques estiment que tant que ces défis ne seront pas relevés, il ne sera pas possible de réaliser un accord de libre-échange. Cependant, d’autres facteurs, essentiellement sous forme d’obstacles non-tarifaires au commerce, sont considérés tout aussi coûteux à travers la région. Les statistiques de 2012 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) montre que le commerce intra-africain était à un niveau faible de 12% du total des échanges, contre 60% pour l’Europe, 40% pour l’Amérique du Nord et 30 pour l’ASEAN. Un Accord tripartite de libre-échange n’éliminera peut-être pas les obstacles infrastructurels pour le commerce intra-africain, au moins à court terme, mais les experts estiment qu’il réduira de manière drastique le coût du commerce en matière de restrictions et d’insuffisances aux frontières, de règles d’origine, d’obstacles non-tarifaires généraux et de coût du commerce.


 

Sources :
COMESA, SADC et CAE.

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