ENDACACID

 

  1. La structure commerciale de l’ensemble des pays de la sous région est fortement déterminée par la dépendance à l’exportation d’un ou deux produits de base seulement pour engendrer des devises. Ces pays sont très vulnérables aux comportements de facteurs exogènes tels que l’évolution des cours des matières premières, les aléas climatiques et les contraintes liées à l’accès aux marchés dans les pays industrialisés. En dépit de l’évolution de leurs composantes macroéconomiques ces dernières années, les pays de la sous–région n’ont pas réussi à diversifier leur base de production et de commercialisation sur les marchés extérieurs, pas plus qu’ils n’ont augmenté les flux d’échanges intra-régionaux.

  2. La configuration du commerce extérieur de l’Afrique de l’Ouest est la réplique presque parfaite des relations de dépendances coloniales et postcoloniales entre la région et ses anciennes métropoles aujourd’hui tous membres de l’Union européenne. Au début des années 1980, les Conventions de Lomé reprennent le flambeau des accords commerciaux privilégiés entre puissances européennes et pays africains. Sous prétexte de restaurer l’équilibre de balances commerciales déficitaires, les nouveaux accords font la part belle, moyennant une réglementation favorable sur les règles d’origine, aux entreprises – souvent européennes – qui exportent des matières premières. Coton, cacao, café, produits halieutiques, sans même évoquer le cas des hydrocarbures, autant de secteurs dominés par des intérêts français, des courtiers anglais, des sociétés espagnoles.

  3. Quant au commerce intra-régional, l’une de ses caractéristiques constantes est sa faiblesse et son instabilité. Dans les pays de l’UEMOA par exemple, les exportations intra-communautaires représentent 9 % des exportations totales en 1980, 11% en 1990 et environ 12% au début des années 2000. Les pays de la CEDEAO ne font guère mieux puisque le commerce intra-communautaire dans cette région stagne depuis les années 80 entre 8 et 10%. Aujourd’hui, les études les plus généreuses lui créditent d’une part autour de 12 à 15% selon les données de la CEDEAO.

  4. Une seconde caractéristique majeure du commerce régional en Afrique de l’ouest réside dans la noncomplémentarité des filières nationales. Le fait que la quasi-totalité des productions des pays repose sur les ressources naturelles amène ces derniers à organiser leurs économies autour des mêmes produits, qui sont exportés vers les marchés extracommunautaires. C’est seulement la partie excédentaire de cette production, dont la quantité dépend des conditions climatiques, qui est vendue dans la région (céréales, tubercules etc.). Le Nigeria et la Côte d’Ivoire sont considérés comme les deux pôles commerciaux de l’Afrique de l’Ouest. Au début des années 2000, le premier a réalisé 29,4% des exportations de la sous-région. La Côte d’Ivoire quant à elle détient 26,1% de parts de marché dans la sous-région. Selon les chiffres officiels, les trois premiers clients ouest-africains du Nigeria sont la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Les exportations nigérianes vers ces pays concernent essentiellement le pétrole brut. La Côte d’Ivoire, quant à elle, constitue le principal fournisseur de produits manufacturés et exportateur vers les pays de l’UEMOA. En 2001, elle détenait près de 68% des exportations de l’Union.

  5. Les pays africains tentent de se défaire des pratiques commerciales héritées de l'époque coloniale, qui privilégient les échanges avec leurs anciennes colonies plutôt qu'entre eux. Le plus gros partenaire commercial du Sénégal est la France, tandis que la Gambie commerce surtout avec le Royaume-Uni. Bien que la Gambie soit une enclave à l'intérieur du Sénégal, le commerce entre ces deux voisins est minime.

    Objectifs spécifiques
  6. En mettant en place ce programme dans le contexte actuel de négociation d’un accord de libre-échange avec la CE, ENDA souhaite développer des instruments de plaidoyer pour à la fois rechercher les alternatives à l’APE et renforcer les échanges et les marchés locaux dans le cadre de l’intégration régionale. Ce plaidoyer devra avoir pour effet de :

  7. protéger les filières sensibles du marché intérieur, - diversifier la production et l’offre de produits en quantité et en qualité, 
    • négocier et adopter un Tarif extérieur commun (TEC) approprié qui prend à la fois en compte le souci de certains Etats de protéger l’industrie naissante et celui d’accéder à des produits bon marché pour d’autres, 
    • lancer une réflexion régionale sur la question de l’intégration monétaire et identifier son impact sur le commerce et l’économie en général, 
    • Mettre en place et promouvoir des systèmes d’information sur les opportunités du marché régional et de son potentiel en terme de croissance et de développement ; 
    • Ce programme vise, en somme, à contribuer à la levée des barrières tarifaires entre les Etats de la région et à supprimer les entraves à la libre circulation des biens et des personnes. L’Afrique de l’Ouest est en effet marquée par de nombreux goulots d’étranglement qui freinent le développement des échanges communautaires. Ces problèmes s’expliquent à la fois par un manque de volonté politique de certains Etats pour appliquer les règlements et décisions régionaux ainsi que par un manque d’éducation et de sensibilisation des citoyens de la régions sur leurs droits et leurs obligations dans ce domaine.

      Résultats attendus  
    • Les obstacles administratifs, institutionnels, juridiques et sociales à la libre circulation des biens et des personnes sont identifié et éliminés progressivement ;
    • La région fait des avancées mesures sur la route vers la création d’une région sans frontière conformément à la vision CEDEAO 2020,
    • La société civile s’implique davantage dans les actions et plaidoyer pour le renforcement des échanges intra-communautaires ;
    • Les études et analyses appropriées sont menées sur les secteurs importants du commerce intrarégional ;
    • Un suivi de l’évolution du commerce intra-communautaire est effectué à travers la production d’un rapport annuel sur le commerce en Afrique,

 

 

 

 

 

 

 

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