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L’Afrique mise sur les ressources domestiques pour financer son développement 

Réunis à Marrakech au Maroc, du 12 au 16 octobre 2014 pour la 9eme  édition du Forum sur le  développement de l’Afrique,  les leaders africains ont appelé à la mobilisation de nouveaux mécanismes de financement novateurs comme une alternative réelle pour financer le développement qui transformera l’Afrique.

Ce forum qui intervient dans le contexte marqué par les débats en cours sur la transformation économique et structurelle du continent avait comme thème « Des modes de financement innovants pour la transformation de l’Afrique ;  l’objectif étant d’établir des liens entre la mobilisation des ressources et la réduction des barrières commerciales, économiques, institutionnelles et politiques, et de faire avancer les objectifs de développement post-2015.

A cet effet les discussions et les échanges  ont porté sur  quatre principales thématiques à savoir la mobilisation des ressources nationales, des flux financiers illicites, des capitaux privés et de nouveaux types de partenariat. A l’issue de la conférence les participants ont adopté un document intitulé le Consensus de Marrakech établissant plusieurs recommandations qui insistent sur la nécessité pour le continent de s’affranchir de l’aide étrangère à travers la mobilisationdes ressources domestiques et du capital d’investissement pour financer son développement durable, promouvoir l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets ainsi que pour renforcer sa résilience économique et sa compétitivité.

Mobilisation des ressources domestiques et du capital d’investissement pour la transformation structurelle de l’Afrique

En dépit de nombreuses richesses naturelles, largement suffisantes pour l’Afrique de mobiliser des ressources nationales substantielles pour financer son programme de développement, le continent fait face à un déficit de financement et un manque de ressources financières nécessaires pour parvenir à un développement économique durable et inclusif.

En effet, selon certains observateurs l’Afrique n’a pas été capable  de tirer parti pleinement de son potentiel en termes de ressources naturelles.  Dans plusieurs pays d’Afrique les recettes fiscales tirées des exploitations de ces ressources restent  faibles, en raison de généreuses exonérations fiscales accordées aux entreprises   extractives multinationales.

A cela s’ajoutent des systèmes inefficaces de recouvrement des recettes  et des flux massifs de capitaux illicites qui, d’après les estimations de la Commission économique pour l’Afrique, pourraient atteindre 50 milliards de dollars par an, continuent d’entraver le recouvrement des recettes pour de nombreux pays. Selon certains experts l’obstacle majeur à la mobilisation des ressources nationales est l'existence de milliers de PME africaines qui continuent d'opérer dans le secteur informel et ne paient pas d'impôts. 

Afin de remédier aux problèmes actuels de mobilisation des ressources nationales pour le financement du développement en Afrique les participants au forum ont invité  les Etats à améliorer la gestion des ressources intérieures. «Le présent et l’avenir de l’Afrique sont tributaires de sa capacité de mobiliser et préserver les ressources nationales de financement» a déclaré le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Carlos Lopes devant les participants. L’ère des dépendances aux aides internationales est révolue a-t-il poursuivi.

La Ministre de l'économie et des finances ivoirien, Kaba Nialé,  a pour sa part déclaré que la mobilisation des ressources intérieures est importante pour soutenir la croissance économique actuelle du continent africain».

Conscients de l’importance que revêt  des investissements  privés dans le financement d’une série de projets en Afrique dans des domaines tels que les infrastructures, l’exploitation des ressources minérales, l’agro-industrie, le développement industriel et la diversification économique en général,  les participants ont invité les décideurs politiques à lever les obstacles au développement des investissements en Afrique. Pour ce faire les pays  africains doivent mettre en place des cadres juridiques et réglementaires attractifs pour faire de l’Afrique une destination de choix pour les investissements par rapport à des régions concurrentes telles que l’Asie et l’Amérique latine. 

 

Nouvelles formes de partenariats

Pour exploiter pleinement les potentialités économiques et commerciales dont elle dispose et promouvoir son développement, il est largement admis que l’Afrique doit renforcer les partenariats en place et en créer de nouveaux. Dans cette perspective d’énormes possibilités de partenariats innovants s’offrent à elle, notamment en matière de commerce, domaine dans lequel l’intégration régionale accrue pourrait  incontestablement soutenir le développement de l’Afrique. À cet égard, on estime que la mise en œuvre du projet de zone continentale de libre-échange permettrait de doubler le volume du commerce intra-africain et stimulerait le développement économique.

Dans cette perspective les participants au forum ont invité les décideurs africains à placer l’intégration régionale au centre de leurs cadres de politiques commerciales en s’attachant activement à promouvoir le programme d’intégration convenu aux niveaux sous régional et continental (notamment avec la création de zone continentale de libre-échange en Afrique) et à faire en sorte que leurs engagements pris au niveau multilatéral  et bilatéral soient conformes au programme de développement de l’Afrique.Ils ont en outre recommandé aux leaders africains d’exploiter, sur un plan stratégique, le commerce et le partenariat  Sud-Suden s’assurant qu’ils favorisent la diversification économique, l’innovation et le transfert de technologie.

 

Adaptation aux effets du changement climatique.

En dépit de la crise économique et financière de ces dernières années, l’Afrique s’est bien comportée en enregistrant  des avancées notables en matière de développement socioéconomique. En effet, le continent abrite sept des dix pays qui ont  la croissance la plus rapide au monde. Malheureusement, la menace des changements climatiques risque d’inverser sa progression et d’entraver sa transformation. En effet toutes les évaluations menées à ce jour dans le monde sont formelles: l’Afrique est la région la plus vulnérable aux changements climatiques.  Compte tenu de cette  très grande vulnérabilité de l’Afrique face aux changements climatiques, découlant en partie de ses capacités limitées (financières et autres) pour y faire face, les gouvernements africains devraient s’efforcer d’encourager l’adoption de politiques visant à améliorer la mobilisation des ressources et l’investissement dans la lutte contre les changements climatiques.

Appel à l’action

Conscients du fait que dans la plupart des cas les rencontres organisées pour réfléchir sur les stratégies et options pour le développement de l’Afrique se terminent toujours par de belles déclarations non suivies d’actions concrètes, les participants au forum ont lancé un appel aux gouvernements africains et toutes les parties prenantes, avec le soutien de leurs partenaires de développement, à veiller à la mise en œuvre effective de toutes les actions énoncées dans leur  déclaration de consensus. Nous convenons que la présente déclaration de consensus devait être prise en considération dans le cadre des processus nationaux, régionaux et internationaux pertinents utilisés pour trouver des sources de financement en tenant compte des diverses dimensions de la transformation et du développement de l’Afrique et qu’elle devrait orienter les efforts déployés pour instaurer des partenariats dans le but d’inverser la tendance des flux financiers illicites en provenance d’Afrique peut lire dans le communiqué final.

Cette rencontre biennale organisée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a vu la participation de prés de 800 personnalités, dont plusieurs chefs d’États et de gouvernements, des ministres, des entrepreneurs ainsi que des hommes d’affaires, des experts et des représentants de la société civile entre autres.

Sources

 

 

 

 

 

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