ENDACACID

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 Note conceptuelle

Introduction

 

Le débat sur l’Intégration Régionale en Afrique suscite des réactions mitigées. D’une part, des opinions optimistes qui traduisent la courbe croissante qu’emprunte l’économie du continent et d’autre part, un sentiment grandissant que le développement en Afrique est devenu moins inclusif dans plusieurs pays ces dernières années.

 

Tout compte fait, l’intégration socioéconomique et politique reste la réelle perspective de l’Afrique pour exploiter les vastes ressources du continent au profit des populations. La vision des dirigeants fondateurs de l’Afrique d’un continent uni, intégré, prospère et pacifique est toujours aussi vivante aujourd’hui qu’elle l’était lorsque l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a été créée en 1963.

 

Tout, ou presque, a déjà été écrit et dit sur l’intégration régionale en Afrique. Les politiques sont conçues, les textes adoptés et les volontés fermement proclamées. Mais il faut se rendre à l’évidence, les résultats obtenus à date dans les domaines de l’intégration régionale, notamment la libre circulation des personnes et des marchandises ne sont pas encore à la hauteur des espérances. Certes, des pas ont été franchis. Mais trop de barrières restent encore à être levées.

 

La libre circulation des personnes et des marchandises, jusque-là considérée comme l‘une des mamelles les plus importantes de l’intégration régionale, est constamment remise en question par toutes sortes de pratiques anormales et illicites qui vont de l’inapplication ou de la violation des textes par les Etats Membres aux pratiques anormales et illicites observables sur tous les corridors routiers régionaux ainsi que dans les ports et les frontières terrestres ou  aéroports. Ces pratiques, dont certaines se manifestent sous la forme de tracasseries administratives, de rackets ou d’extorsion, sapent la confiance que les citoyens placent dans les institutions de la région et réduisent leur croyance aux vertus et à la réalité de l’intégration régionale.  

 

Malgré de nombreux obstacles notés ici et là dans l’élaboration et l’application des politiques d’intégration régionale, ces dernières années restent marquées par l'apparition d'initiatives multiformes venant de différentes CERs pour lever ces défis.

 

Parmi celles-ci (CERs), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une région dont les potentialités sont énormes (15 pays, 340 millions d’habitants avec une relative unité culturelle et linguistique (3 langues principales).

 

C’est donc une CER au sens de l’Union Africaine (UA) tout à fait pertinente et cruciale en termes de défi économique et d’enjeux de sécurité.

 

C’est une région qui dispose d’un appareil institutionnel conséquent, calqué sur les institutions européennes qui fonctionne avec une commission, un parlement et d’une cour de justice.

Il faut dire que grâce à un regain d'intérêt manifesté par les autorités politiques pour l'approfondissement de l'intégration régionale, la CEDEAO est une région qui agit et avance.

Au plan économique, la CEDEAO poursuit aujourd’hui activement sa mission de création d’un espace sans frontières, en œuvrant pour: la libre circulation des personnes et des marchandises, la liberté de résidence et d’établissement, la liberté des échanges intra-zone, la mise en place d’un TEC (Tarif Extérieur Commun) adopté par tous les pays, la libre circulation des services, des métiers et des capitaux, l’adoption du  Schéma de libéralisation des échanges (SLE), l’existence de la politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP), ainsi que la politique industrielle commune de la CEDEAO (PICAO) et la création d’une monnaie unique. De gros chantiers certes, mais certains obstacles subsistent encore dans certains secteurs d'intervention de la CEDEAO surtout la non-implication  et prise en compte des jeunes dans l’élaboration et la promotion des politiques d’intégration.

Contexte

Le Sommet des chefs d’Etat UE/Afrique d’Abidjan de décembre 2017 a mis « l’investissement dans la jeunesse » à l’ordre du jour. Un défi urgent pour l’Afrique dont les jeunes de moins de 25 ans représentent la moitié de la population et en représenteront 75% en 2050. Alors que des propositions ont été formulées, notamment sur la formation des jeunes et la question migratoire, aucune décision n’a été prise malgré la « Priorité absolue » réaffirmée par les dirigeants africains et européens. L’Afrique comptera 38 des 40 pays les plus jeunes du monde, avec une population dont l’âge médiane sera inférieur à 25 ans  (Source : Division de la population des nations unies, 2015).

Le dernier rapport « Perspectives économiques » indique également qu’entre 2015 et 2030, 29 millions de personnes vont rejoindre le marché du travail en Afrique chaque année. L’Afrique de l’Ouest suit cette même trajectoire. A l’horizon 2050, le Nigéria atteindra 400 millions d’habitants, des pays comme le Burkina, le Mali ou le Niger vont voir leur population plus que doubler. Se pose une question essentielle pour les Etats: comment transformer ce dividende démographique en opportunité de développement à l’échelle nationale, régionale et continentale ?

Le développement d’une éducation de base et de formation de qualité adaptés à l’environnement socio-économique constitue sans aucun doute une des conditions pour répondre à ce défi. On observe une réelle dynamique entrepreneuriale en Afrique où 22% de la population en âge de travailler créent de nouvelles entreprises, soit le taux le plus important au monde selon l’OCDE.

 

En Afrique de l’Ouest, l’impulsion de l’intégration est donnée par la CEDEAO, mais dans cet Espace Communautaire, les budgets alloués aux Départements ministériels chargés de la Coopération et de l’Intégration suffisent à peine à assurer leur fonctionnement, rendant le soutien aux activités d’intégration de jeunes presque inexistant.

 

Cette désaffection du pouvoir central vis-à-vis du secteur de l’intégration rejaillit sur la perception que les populations peuvent avoir de la place du concept d’intégration dans le développement économique des pays. En réalité, il y a une mauvaise perception du réel apport économique et socioculturel que le concept de l’intégration peut faire pour le développement économique et social des Communautés de l’Espace CEDEAO.

Cette remarque demande à être corrigée par des programmes de formation  des jeunes dans la région. C’est en partant de ce constat que nous proposons aux jeunes de la région de se rencontrer.

Des  rencontres qui visent, entre autres, à donner une chance à l’intégration sous régionale par les échanges entre jeunes, à développer chez eux une culture du dialogue interreligieux et interconfessionnel, d’échange entre peuples et entre nations au service de la paix et de la solidarité, à lutter contre les discriminations fondées sur le sexe, la religion, l’origine nationale et ethnique et favoriser le respect des valeurs humaines et spirituelles des peuples sans distinction. Développer par ailleurs le sentiment d’appartenance à une communauté et le commun vouloir de vie commune.

Objectif

 

La formation et le renforcement des capacités des jeunes dans le domaine de la construction de l’intégration régionale constituent un objectif stratégique d’Enda CACID.

 

En effet,  Enda CACID a initié depuis 2015 un programme dénommé « Jeunes Leaders pour l’Intégration et le Développement » (JeLID) qui vise à renforcer la citoyenneté communautaire des jeunes engagés, imbus d’éthique et attachés à la recherche perpétuelle de nouvelles connaissances et d’expertise dans les processus d’intégration régionale et dans le développement de leurs communautés locales. Ce programme regroupe des jeunes élèves et étudiants situés dans les villes frontalières du Sénégal.

 

Au cours des deux dernières années,  le Programme JeLID a été déployé dans 38 lycées, universités et instituts avec 316 élèves et étudiants formés dans 10 villes du Sénégal et 8 clubs-JeLID créés.

 

Le Programme JeLID s’opérationnalise à travers :

 

  • des formations transversales sur l’intégration et le leadership des jeunes dans la zone CEDEAO afin d’avoir des jeunes qui maitrisent les enjeux et défis de l’intégration et qui mettent en place des actions pour son effectivité. 
  • des structures scolaires et universitaires à l’image des clubs pour permettre de pérenniser les actions de sensibilisation par les pairs 
  • la création d’un réseau national des élèves et étudiants sensibilisés sur la question de l’intégration  

 

Résultats attendus

 

  • Au moins une trentaine (30) élèves et étudiants des lycées et universités sélectionnés sont sensibilisés sur l'intégration régionale et s'engagent dans le processus d’intégration
  • Un club de l’intégration ayant un programme d’activités est installé à Dakar (lycées et universités) sélectionnés 
  • Un réseau de jeunes « ecowassiens » est mis en place avec une phase d’expérimentation d’une année.
  • Les élèves et étudiants s’approprient des concepts et de l’agenda des Institutions régionales 

 

Au terme de cet atelier qui se tiendra le Jeudi 28 mars 2019, à la salle « Enda Tiers Monde » sis au rez-de-chaussée du 54 rue Carnot, (entre l’Institut Français et la clinique Pasteur), des attestations seront remises aux participants.

 

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